Boulimie : Quand cesser de se battre contre la restriction devient la plus grande des victoires

Hier soir, au cœur d’une séance de groupe, une phrase a suffit pour que tout bascule. Une phrase simple, presque banale, mais chargée d’une profondeur inouïe.

« Moi, ça va. Je fais moins de restrictions. »

Illustration_femme_assise_épuisée_dénutrie_par_régimes_batterie faible.Elle venait de Nadia, 45 ans, qui m’avait contacté il y a plusieurs mois pour l’aider à guérir de on anorexie-boulimie, une maladie qui la ronge depuis plus de 20 ans.

Ces derniers temps, son moral était en berne. La sous-nutrition permanente la maintenait dans une lutte acharnée, épuisante, comme en mode « batterie faible ».

Honnêtement, je ne m’attendais à rien de spécial ce jour là. Et puis, elle a prononcé ces quelques mots, d’un calme déconcertant :

« Moi, ça va. Je fais moins de restrictions. »

Un silence. Une onde de choc. Pour nous qui suivons son parcours, l’abandon de la restriction, ce pilier de son trouble alimentaire, était un séisme. ✨

Le combat perdu d’avance contre l’anorexie-boulimie

Avant ce soir, Nadia incarnait le combat que mènent tant de femmes. Une guerre de chaque instant contre la nourriture, contre son corps, contre elle-même. Chaque calorie était un ennemi, chaque repas une bataille, et chaque crise une défaite cuisante, suivie d’une punition : la restriction.

Ce cycle infernal, vous le connaissez peut-être. C’est la définition même des TCA : un effort surhumain pour tout contrôler, qui ne mène qu’à une perte de contrôle encore plus violente. Nadia était prise dans cette spirale, et semblait ne plus avoir la force d’en sortir.

La révolution du « tant pis » : un déclic dans la guérison des TCA

Mais ce soir-là, quelque chose avait changé. Après sa première phrase, elle a continué, avec une honnêteté désarmante :

« Après, je fais toujours autant de crises mais moins intense », admet-elle. Mais au lieu de le voir comme un échec, elle l’a présenté comme une simple information.

Son nouveau mantra ? Le voici :

« Je me dis que ce n’est pas grave.  De toutes façons, même si je me stresse de ne pas avancer, le résultat est le même. »

La stupéfaction et des “wow” a traversé la réunion Zoom. Que s’était-il passé ?

Nadia venait de lâcher les armes. Sans même s’en rendre compte, elle a cessé de se battre contre elle-même. Elle a abandonné la pression de la « guérison parfaite », l’auto-flagellation après chaque crise. Elle venait de comprendre que le stress de devoir guérir était devenu un obstacle aussi grand que le trouble lui-même.

Pourquoi lâcher-prise est la clé pour sortir des troubles alimentaires ?

La fin du contrôle obsessionnel

Fasciné, je l’ai interrogée. Les conséquences de ce changement étaient spectaculaires, non pas dans ce qu’elle avait fait, mais dans ce qu’elle n’avait PAS fait :

  • Le poids ? « Je ne me suis pas amusée à me peser. »
  • Les vêtements pour « vérifier » ? Elle n’y avait pas pensé.
  • La peur de grossir ? Toujours là, en filigrane, mais elle ne dictait plus ses actions.

Ne pas monter sur la balance pour « contrôler les dégâts » après les crises était une victoire monumentale. C’était la preuve qu’elle commençait à faire confiance à son ressenti, plutôt qu’à un chiffre.

Le sommeil : premier signe d’une guérison profonde

Le seul bénéfice tangible qu’elle notait était intérieur, mais fondamental : « Je dors mieux, ça c’est sûr. »

Le sommeil ! Ce baromètre si fiable de notre anxiété. En arrêtant le combat, elle a libéré une énergie mentale colossale. Une énergie qui, au lieu d’être gaspillée à se battre, pouvait enfin être utilisée pour se reconstruire.

L’hypnose : déposer les armes que les régimes vous forcent à porter

femme nageant pour quitter la malbouffe, vers la nourriture saineLe déclic de Nadia illustre parfaitement pourquoi les régimes et la restriction sont les pires ennemis de la guérison des TCA.

Un régime vous dit : « Bats-toi ! Contrôle ! Sois plus forte que tes pulsions ! ». Il vous place sur un ring, contre vous-même. Il renforce l’idée que votre corps est un adversaire à maîtriser.

L’approche par l’hypnose est radicalement opposée. Elle ne vous donne pas de nouvelles armes pour mieux vous battre. Au contraire. Elle vous aide à comprendre pourquoi vous êtes sur ce champ de bataille et vous donne la permission de le quitter.

En travaillant sur l’inconscient, on ne s’attaque pas à la crise de boulimie ou à la restriction. On s’attaque à ce qui les provoque : l’insécurité profonde, le besoin de contrôle pour calmer une anxiété, les blessures qui vous ont appris que vous deviez lutter pour exister.

Conclusion : le chemin vers la paix pour enfin guérir des TCA

Le parcours de Nadia est une leçon d’espoir. La guérison des troubles alimentaires n’est pas toujours une question de volonté ou d’effort. Parfois, l’acte le plus courageux est de déposer les armes. D’accepter le « tant pis ».

En faisant cela, Nadia n’a pas « guéri » d’un coup. Mais elle a ouvert une brèche. Elle a élargi son espace mental, retrouvé le sommeil et, sans même le chercher, a fait le plus grand bond en avant de son parcours. ❤️

Si vous aussi, vous êtes épuisée par cette guerre intérieure contre la boulimie, si l’idée de « lâcher prise » vous terrifie autant qu’elle vous attire, alors sachez qu’il existe une voie. Une voie qui ne demande pas plus de contrôle, mais plus de douceur. C’est dans cet espace de paix intérieure, loin du champ de bataille des régimes, que se trouve le chemin vers une libération durable des TCA.