L’hypnose ne se substitue pas à un suivi médical. Raphaël (l’auteur) n’est pas médecin. Parlez-en à votre médecin traitant au préalable.
« Je ne suis pas réceptive à l’hypnose. »
C’est la phrase que j’entends le plus souvent lors des premiers appels — avant même qu’on ait parlé du programme, avant même qu’on ait évoqué les compulsions alimentaires ou les kilos repris après chaque régime. La peur de ne pas être hypnotisable arrive en premier, comme un bouclier.
Ce qui m’intéresse dans cette peur, c’est ce qu’elle révèle : vous voulez que ça fonctionne. On ne s’inquiète pas de sa réceptivité à quelque chose qui laisse indifférent. Si vous lisez cet article, vous avez probablement déjà essayé beaucoup de choses — les régimes, les coachs, les applications — et vous vous demandez si l’hypnose pourrait enfin faire la différence. Et vous avez peur que non.
Voici ce que vingt ans d’accompagnements m’ont appris sur la question.
En bref : Il n’existe pas de personnes « non réceptives » à l’hypnose thérapeutique. Cette peur vient d’une confusion entre l’hypnose de scène et l’hypnose clinique — deux choses radicalement différentes. Dans mon cabinet, je n’ai encore jamais rencontré une cliente incapable d’entrer dans un état de relaxation profonde. La question n’est pas « suis-je réceptive ? » — c’est « est-ce que je suis prête à lâcher le contrôle, même un peu ? »

L’image collective de l’hypnose, c’est Messmer sur scène qui fait aboyer des adultes ou qui les rend rigides comme des planches. Cette image n’est pas anodine : elle a installé dans l’inconscient collectif l’idée qu’il existe des « bons sujets » — et des personnes trop volontaires, trop analytiques, trop méfiantes pour être hypnotisées.
Cette dichotomie est fausse. L’hypnose de spectacle sélectionne des volontaires motivés, extravertis, qui cherchent l’expérience de groupe. L’hypnose thérapeutique n’a rien à voir avec ça.
L’état hypnotique n’est pas un état de soumission. C’est un état de concentration interne particulière — proche de ce que vous ressentez quand vous êtes absorbée dans un livre et que vous n’entendez plus ce qui se passe autour de vous, ou quand vous arrivez au bout d’un trajet en voiture sans souvenir précis des kilomètres parcourus. Votre cerveau entre naturellement dans cet état plusieurs fois par jour. L’hypnose thérapeutique s’appuie dessus — elle ne l’invente pas.
Ce qui se passe réellement dans votre cerveau pendant une séance
En état hypnotique, les études en neurosciences montrent une modification de l’activité dans le cortex préfrontal — la partie analytique du cerveau qui juge, compare, anticipe. Cette activité diminue temporairement. Ce n’est pas une perte de conscience : c’est une mise en sourdine du « contrôleur intérieur ».
C’est précisément ce « contrôleur » qui maintient en place vos compulsions alimentaires. Il sait que vous mangez par ennui. Il sait que vous n’avez pas faim. Il analyse, comprend, juge — et pourtant il ne peut pas empêcher le comportement. La compréhension consciente ne suffit pas à modifier un automatisme qui se joue avant la pensée.
« J’ai fait cinq ans de psychanalyse. Je comprenais parfaitement pourquoi je mangeais mes émotions. Et je continuais quand même. Avec l’hypnose, quelque chose s’est déplacé sans que je comprenne comment — et c’est ça qui a tout changé. »
— Sophie, 41 ans, accompagnée pendant 4 mois
L’état hypnotique permet de travailler sur ces automatismes directement, sans passer par la case « explication rationnelle ». Ce n’est pas de la magie — c’est une porte d’entrée différente vers le changement.
Êtes-vous « non réceptive » ou avez-vous peur de perdre le contrôle ?
Voici une question que je pose systématiquement lors des premiers appels : « Quand vous dites que vous n’êtes pas réceptive — est-ce que vous avez déjà essayé ? »
Dans la grande majorité des cas, la réponse est non. Ou alors : « J’ai regardé une vidéo YouTube et je me suis endormie. » Ce qui ne constitue pas un test de réceptivité.
Ce que j’observe, c’est souvent une peur de perdre le contrôle. Et ce profil — la femme très volontaire, très dans le contrôle, qui analyse tout — est précisément celui qui bénéficie le plus de l’hypnose. Parce que le contrôle est souvent ce qui maintient les compulsions en place : la tentative permanente de maîtriser la nourriture, les émotions, le corps — qui finit toujours par craquer.
La peur d’être non réceptive est parfois la peur inconsciente que ça fonctionne vraiment.
Dans mon cabinet : la cliente qui était « certaine » de ne pas être hypnotisable
Je me souviens d’Isabelle — 47 ans, habituée à observer, à analyser, à garder la tête froide. Elle était venue me consulter pour des compulsions nocturnes qui duraient depuis quinze ans. Elle avait prévenu dès le premier appel :
« Je vous préviens, je ne suis pas du tout réceptive à ce genre de choses, j’ai l’esprit trop cartésien. »
Lors de la première séance, elle est entrée dans un état de relaxation profonde au bout de sept minutes. À la fin, elle m’a dit, un peu décontenancée :
« C’est bizarre, j’avais l’impression que vous parliez et que je dormais en même temps. Je me souviens de tout ce que vous avez dit. »
C’est exactement ça, l’hypnose. Pas une perte de conscience — une présence différente. En quatre mois, les compulsions nocturnes avaient quasiment disparu. Le profil « trop cartésien pour l’hypnose » est souvent celui qui progresse le plus vite — parce qu’une fois que l’intellect accepte de laisser la place, le travail va très loin.

Hypnose de scène vs hypnose clinique : les 4 vraies différences
- Vous restez consciente à 100 %. Vous entendez tout, vous vous souvenez de tout. Personne ne peut vous faire faire quelque chose contre votre volonté.
- Il n’y a pas de « bon sujet ». L’état hypnotique n’est pas une compétition. Il s’adapte à vous — pas l’inverse.
- La « transe » n’est pas un but. Dans l’hypnose de scène, l’objectif est le spectacle. Dans l’hypnose clinique, c’est le changement de comportement. La relaxation est un outil, pas une fin.
- L’esprit analytique est un atout. Les personnes réflexives, analytiques, perfectionnistes répondent très bien à l’hypnose — parce qu’elles s’engagent pleinement dans le processus.
Comment se préparer à une première séance pour en tirer le maximum ?
- Accepter de ne pas « faire ». La tendance naturelle est d’essayer d’être « bien hypnotisée » — ce qui crée exactement l’opposé. L’état vient quand on arrête de le chercher.
- Laisser les pensées passer sans les retenir. Si votre mental décroche pendant la séance, c’est normal. Il revient. Vous n’avez pas « raté » la séance.
- Ne pas évaluer pendant. L’analyse vient après. Pendant, votre seul rôle est d’écouter et de laisser faire.
- Être honnête sur vos résistances. Si quelque chose vous bloque, vous pouvez le dire. Le travail se fait avec votre accord à chaque instant.
Bon à savoir : Les séances se font à distance (visioconférence), en position allongée ou confortablement installée. Beaucoup de clientes travaillent depuis leur canapé, avec un casque. L’environnement de confort amplifie l’état hypnotique.
Un intérêt inconscient à ne pas rentrer en état d’hypnose.
Les personnes qui ne sont pas hypnotisables sont des personnes qui ont voulu aller trop vite, croyant que l’hypnose serait une baguette magique, bien sûr ça n’en est pas !
En réalité, vous êtes déjà en état d’hypnose, hypnotisé(e) par votre problème. Ex : hypnotisé(e) par une tablette de chocolat le soir. Cet état d’hypnose peut être tellement fort, qu’il faut avoir du temps, du travaille pouvoir se « déshypnotiser du chocolat ».

D’autres facteurs peuvent expliquer le problème d’entrée en hypnose. Par exemples es parties à l’intérieur de nous peuvent avoir intérêt à garder le problème, aussi problématique et douloureux que cela soi.
Certaines de mes clientes ont peur, inconsciemment que si elles deviennent mince, elles deviennent beaucoup plus désirables… et de ne pas pouvoir ou savoir dire « non » aux avances qui pourraient leur être faites. Donc, au début elles ne sont pas hypnotisables, mais une fois qu’elles prennent conscience de ce mécanisme inconscient de protection, les choses se remettent dans l’ordre. L’état d’hypnose devient encore plus fort.
Ces « freins intérieurs » sont ce que nous appelons des saboteurs ou des bénéfices secondaires.
Tout le monde est hypnotisable mais pas avec n’importe qui
Il faut regarder en tête que souvent l’absence de lâcher prise est un problème pour les personnes qui ne font pas souvent confiance aux gens (ou qui ont trop fait confiance aux gens par le passé, et ont été blessées ou gravement déçues).
On ne fait pas d’hypnose avec n’importe qui, ni n’importe où, ni n’importe quand. Il faut cadre clair : horaire du rdv claire, sujet à travailler clair et défini, et professionnel en qui vous avez confiance.
Si un de ces critères pêches alors, l’hypnotisabilité est grandement réduit.
Bref, ils existent de nombreuses raisons qui peuvent vous empêcher de faciliter l’entrée en état d’hypnose. Un vrai professionnel n’aura aucun mal à vous permettre de rentrer en état d’hypnose tant que vous donnez votre accord ! Sinon votre cerveau bloquera tout bien sûr.
L’importance de l’expertise TCA et perte de poids de Raphaël TCA
C’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi la spécialité des troubles alimentaires.
Ces 10 dernières années m’ont permis d’avoir une expertise en hypnose sur les troubles alimentaires spécifiquement, pour pouvoir être plus précis et plus efficace en hypnose. Ainsi, les résistances sont bien moindre en prenant en compte des petites spécificités concernant les problèmes de poids et des émotions associées.
