Boulimie : Derrière le masque de Madame Parfaite, un désastre
Derrière le sourire, le lourd secret : celui de la double vie des personnes atteintes des troubles alimentaires.
« Personne ne sait. Mes parents, mes amis, mon copain… Pour eux, je suis la fille qui réussit tout, celle qui est toujours de bonne humeur. Si seulement ils savaient… »
Elle s’appelle Clara. Ou peut-être Sophie, ou Jessica. Elle est assise en face de moi, pour la première fois. De l’extérieur, tout est parfait. Une carrière qui décolle, une vie sociale remplie, un sourire impeccable. Mais derrière cette façade se cache une prison. Une prison dont elle est à la fois la gardienne et la prisonnière. Depuis dix ans, elle vit avec un secret dévorant : ses crises de boulimie vomitive.
La perfection physique comme bouclier aux critiques
Pour le monde, elle gère. Elle contrôle. Sa vie est une succession de to-do listes cochées avec succès. Mais ce contrôle n’est qu’une illusion. La vérité, c’est que la nourriture a pris le pouvoir. Sa journée est un champ de bataille secret.
Le midi, au restaurant avec ses collègues, elle commande une salade. « Je fais attention à ma ligne », dit-elle avec un clin d’œil. Le soir, seule dans sa cuisine, le vrai combat commence. C’est un tsunami. Une perte de contrôle totale où elle engloutit tout ce qui lui tombe sous la main, souvent en cachette, dans une urgence qui la dépasse. Puis vient la honte, la culpabilité. Et la promesse, toujours la même : « Demain, j’arrête. »
Ce mensonge permanent est une stratégie de survie. Cacher les emballages, manger dans sa voiture, prétexter une migraine pour éviter un dîner… Chaque jour est une performance d’actrice. Elle en est épuisée.
Quand le secret devient plus lourd que le trouble alimentaire
Un jour, le masque se fissure. Une remarque anodine d’une amie : « Tu as l’air fatiguée en ce moment. » Et tout menace de s’effondrer. C’est souvent là que la prise de conscience frappe. Le vrai problème n’est plus la crise de boulimie ou la prise de poids liée à l’hyperphagie. Le vrai problème, c’est le poids du secret.
« Je passe plus d’énergie à cacher mon problème qu’à le vivre. Je suis la reine du mensonge, mais je ne sais même plus qui je suis vraiment. »
Cette double vie, cette dissociation, est au cœur du trouble alimentaire. C’est ce que ça révèle de plus profond : une immense solitude. La peur panique d’être découverte, d’être jugée, incomprise et d’être rejetée pour ses comportements. La nourriture devient alors le seul réconfort pour quelques instants il remplit, il ne pose pas de questions, avant de tout éliminer ensuite.
Pourquoi les régimes renforcent le secret
Face à cette perte de contrôle, le premier réflexe est souvent de chercher… plus de contrôle. C’est l’engrenage des régimes. Compter les calories, peser les aliments, s’interdire des catégories entières de nourriture. Mais c’est un piège.
Les régimes ne font qu’alimenter le trouble du comportement alimentaire. Chaque règle transgressée devient la preuve d’un échec, renforçant la honte et le besoin de se cacher. La restriction crée la frustration, qui à son tour déclenche inévitablement la compulsion. Le régime pour compenser des excès, et tenter d’avoir le corps de mince dont elle rêve.
Sauf qu’elle ne manque de volonté, bien au contraire. Mais que faire contre une maladie qui nous bouffe littéralement ?
L’hypnose : parler à celle qui se cache
Sortir de la boulimie ou de l’hyperphagie, ce n’est pas apprendre à « mieux manger ». C’est apprendre à réparer les parties blessées. Apprendre à dire « stop », à accepter de ne plus être parfaite pour être aimée. C’est là que l’hypnose change radicalement la donne.
Dans le suivi que je propose depuis plus de 5ans, on ne ajoute pas de nouvelles règles. On va enlever le mécanisme inconscient profond qui les rend nécessaires.
L »état d’hypnose, c’est une conversation directe avec son inconscient, cette partie de vous qui a mis en place les crises comme une solution maladroite à une souffrance bien réelle. Un vide à combler, une angoisse à calmer, une tristesse à anesthésier.
En séance, on ne parle pas de calories. On parle de sécurité intérieure, de confiance, du droit d’être imparfaite. On apprend à votre inconscient d’autres moyens, plus doux et plus sains, de gérer les émotions. L’hypnose s’adresse à la partie de vous qui a besoin d’être entendue, pas d’être contrôlée.
Le plus grand soulagement, ce n’est pas d’arrêter les crises. C’est de pouvoir enfin enlever le masque et respirer. C’est de se rendre compte que vous n’avez plus rien à cacher. Ni à vous-même, ni aux autres, pour se sentir chaque jour un peu plus légère. Et quand on fait tomber les masques et cette recherche de perfection, alors c’est le début d’une véritable libération. Une libération si profonde, que les troubles alimentaires ne pourront plus revenir, car les causes profondes qui l’auront généré, auront disparu.