Boulimie : quand vouloir trop bien faire nourrit les troubles alimentaires

L’hypnose ne se substitue pas à un suivi médical. Raphaël (l’auteur) n’est pas médecin. Parlez-en à votre médecin traitant au préalable.

Fort de mes expériences en cabinet et de mes lectures scientifiques,

je vais vous développer les différentes raisons qui peuvent expliquer les crises de boulimie et hyperphagie.

Les différentes raisons seront développées sur plusieurs articles afin que nous puissions rentrer dans le détail. L’idée étant de parcourir le maximum de raisons afin que vous puissiez comprendre au mieux la source du problème.

En bref : Vous vous demandez pourquoi le contrôle mène parfois à l’excès ? Je vous guide à travers les mécanismes psychologiques qui transforment la volonté de bien faire en un cercle vicieux avec la nourriture. Ensemble, explorons des pistes pour retrouver un rapport apaisé à l’alimentation.

Tu ne compenses pas violemment (vomissement, excès de sport, jeûne drastique…) après tes crises ? Tu vis peut-être de l’hyperphagie, pas de la boulimie — beaucoup de personnes les confondent, et la différence change tout pour choisir le bon accompagnement. 📚 Lire : Qu’est-ce que l’Hyperphagie ? (dossier complet)

En effet, les profils psychologiques des personnes qui font des crises alimentaires sont souvent des femmes qui travaillent beaucoup et cherchent à briller en société, elles ont été bonnes élèves dans leurs études.

C’est souvent un mécanisme d’adaptation pour éviter qu’on leur fasse des reproches, des critiques, ou qu’on les rejette.  

Ce sont des femmes qui prêtent une forte attention à leur apparence. Elles sont très bien habillées et maquillées. Ce qui d’ailleurs contraste beaucoup avec l’image de quelqu’un qui va se faire vomir, prendre des laxatifs, ou qui serait obsédé par la nourriture…

Elles savent très bien cacher les crises alimentaires à leur entourage, et c’est ce qui les fait d’autant plus souffrir car elles ne savent pas vraiment à qui se livrer.

L’entourage est souvent surpris de découvrir que la personne se faisait vomir ou avait des troubles alimentaires quand le poids n’est pas devenu alarmant.

Lorsqu’elles arrivent enfin à en parler un peu à quelques personnes, elles ne se sentent pas forcément écoutées, comprises ou soutenues. Très souvent les remarques que l’on peut entendre c’est : “bah arrête de manger”,  “arrête d’acheter des gâteaux”, “il faut avoir plus de volonté”, sauf qu’ils sont bien gentils avec leur conseils

mais ils ne marchent pas !

Boulimie : quand vouloir trop bien faire nourrit les troubles alimentaires

Le manque de temps et les crises de boulimie

Dans une vie survoltée, où nous avons à faire beaucoup de choses dans un temps imparti, la pression peut être trop fort, c’est alors à ce moment-là que les crises interviennent.

Ce sont des personnes qui vont faire en sorte de rendre des travaux toujours nickels même si elles ont été dérangées par leurs collègues toute la journée. Ces personnes qui peuvent terminer jusqu’à très tard pour éviter qu’on leur fasse des reproches.

D’ailleurs ce perfectionnisme peut vite amener au surmenage et

burn out

autour de la trentaine, au passage.

Ce sont également des personnes qui cherchent l’approbation des autres, avec une attitude telle un caméléon qui s’adapte à son environnement, ou par une recherche d’apparence parfaite pour plaire aux autres (ou pour éviter d’être critiquées).

Elles peuvent également chercher les compliments ou l’admiration des autres pour essayer de se remonter le moral, ainsi que la confiance et l’estime de soi.

Ce qui demande une attention de tous les instants, et appuie encore plus sur l’exigence de soi-même.

D’ailleurs, nous pouvons voir ici un paradoxe chez les personnes qui ont ce comportement boulimique. Elles sont très exigeantes avec elles-mêmes, et peu exigeantes avec les autres. Ce qui peut les amener à trouver des excuses pour les autres, mais aussi à vouloir faire pour les autres.

Ce qui réduit encore le temps disponible pour soi-même.

Comment savoir si nous cherchons à l’extérieur les ressources ?  

Il suffit de poser la question :  Où est-ce que je situe spontanément “l’amour de moi” ?

À l’intérieur ou à l’extérieur de moi-même ?

Très souvent ce sont des personnes qui ont entendu souvent dans leur enfance : “ soit une gentille fille fait ceci et cela”, « fait plaisir à maman et fait ceci”, “je t’aimerai encore plus si tu fais ça”.

Il a tout un langage autour de la culpabilisation si on ne pense pas aux autres, qui s’est installé. Ce qui a constitué le terreau de l’hyper exigence de soi pour les autres ou briller en société.

Avec ces injonctions, elles n’ont pas développé l’amour d’elle-même. Elles ont peut-être même copié le comportement de leur mère ou grand-mère, qui elles même ne cherchaient l’amour d’elle-même qu’en s’oubliant au profit des autres.

femme qui écoute sa faim ventre

Quelles conséquences cela a-t-il ?

Et bien, plus on a de contraintes et d’exigences, et plus notre niveau de morale va baisser. En effet, c’est un puits sans fond que de vouloir toujours aider ou satisfaire les autres.

Hors, l’inconscient pour éviter la dépression cherche par tous les moyens de trouver une solution pour nous remonter le moral.

Et les personnes qui font des crises de boulimie sont des personnes qui ont fait l’expérience que manger = calmer les émotions. Et c’est souvent dans l’enfance qu’il est appris.

C’est pourquoi, l’inconscient va déclencher des crises de boulimie et d’hyperphagie de plus en plus fréquemment, au fur à mesure qu’il s’aperçoit que manger baisse le niveau des émotions négatives.

En effet, les crises de boulimie peuvent être vues comme une addiction : elles sont une façon de baisser temporairement nos exigences envers nous-même et envers la vie.

La crise de boulimie ayant comme rôle d’étouffer les émotions pendants quelques instants pour que le cerveau, le corps et le système nerveux puisse se reposer un peu. C’est d’ailleurs ce qui rend les crises d’autant plus addictives : elles recherchent désespérément un moyen d’être sereine mentalement.

 

Quelles solutions ?

Et c’est tout l’intérêt du travail en et pour:

  • Désactiver l’association d’idées que la nourriture = calme les émotions
  • Adopter de nouveaux  automatismes inconscients sains. Par exemple : je suis stressée, je vais écrire plutôt que manger
  • Chercher des sources d’amour à l’intérieur de moi, plutôt qu’à l’extérieur. Ex : faire des exercices de gratitudes
  • Apprendre à baisser son niveau d’exigence (au niveau inconscient), surtout dans les moments les plus inutiles.

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Raphaël, hypnothérapeute spécialisé TCA

Raphaël TCA

Hypnothérapeute · Spécialiste TCA · 10 ans de pratique · Paris

Cet article est rédigé à partir de mon expérience de terrain auprès de plus de 1000 femmes accompagnées en hypnose pour les troubles du comportement alimentaire.

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Questions fréquentes

Quel est le lien entre le perfectionnisme et les crises de boulimie ? +
Le perfectionnisme crée une pression intérieure constante : être parfaite, ne jamais décevoir, répondre aux attentes des autres. Lorsque cette tension devient insupportable, l'inconscient cherche un exutoire. Pour beaucoup de personnes concernées par la boulimie, la nourriture est devenue, dès l'enfance, le seul espace où il est « permis » de lâcher prise.
Pourquoi vouloir trop bien faire peut-il alimenter les crises alimentaires ? +
L'hyper-exigence envers soi-même génère une fatigue émotionnelle chronique. Plus les standards sont élevés, plus le niveau de frustration s'accumule. L'inconscient, pour éviter l'effondrement, cherche une compensation rapide — et la nourriture répond à ce besoin de manière immédiate. C'est un mécanisme protecteur, pas un manque de volonté.
Comment savoir si je cherche à l'extérieur une validation que je ne me donne pas ? +
Un signe révélateur est de se demander : d'où vient mon sentiment d'être « bien » ? S'il dépend principalement des retours des autres (compliments, approbation, absence de critique) plutôt que d'un ressenti intérieur stable, c'est souvent le signe d'une validation externe. Ce pattern est très fréquent chez les personnes qui alternent entre hyper-contrôle et crises alimentaires.
La boulimie peut-elle toucher des personnes qui semblent aller bien en apparence ? +
Oui, et c'est même l'une de ses caractéristiques les plus fréquentes. Les personnes très exigeantes envers elles-mêmes maintiennent souvent une façade de maîtrise et de réussite, tout en vivant des crises cachées. La honte renforce ce silence, retardant parfois la demande d'aide de plusieurs années.
Comment l'hypnose aide-t-elle à sortir du cercle perfectionnisme-boulimie ? +
L'hypnose travaille sur les croyances inconscientes à l'origine de l'hyper-exigence : besoin de validation, peur de ne pas être assez bien, injonctions intégrées depuis l'enfance. En désactivant ces programmes profonds, il devient possible de relâcher la pression sans passer par la crise alimentaire. Raphaël TCA accompagne ce type de problématique depuis plusieurs années.