L’hypnose ne se substitue pas à un suivi médical. Raphaël (l’auteur) n’est pas médecin. Parlez-en à votre médecin traitant au préalable.
En bref
- Le RITMO est une technique proche de l’EMDR qui utilise la stimulation sensorielle pour désamorçer la charge émotionnelle des souvenirs douloureux.
- Cette approche est efficace sur les traumatismes (grands et petits) qui nourrissent souvent les troubles alimentaires.
- Le RITMO ne remplace pas un accompagnement global des TCA, mais peut le compléter en libérant les blocages liés au passé.
- Combiné à l’hypnose, il permet de travailler en profondeur sans nécessairement tout verbaliser.
⚠️ Cet article ne remplace pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin traitant au préalable.
Je vois tellement de souffrance liée au passé dans mon cabinet parisien, particulièrement chez celles qui luttent contre les troubles alimentaires. J’entends régulièrement des phrases comme : « Je sais que c’est idiot, mais je ne peux pas m’empêcher de… » Une de mes clientes, appelons-la Léa, me disait encore la semaine dernière que chaque repas était une relecture douloureuse de son enfance. Et si, justement, on pouvait réécrire ce scénario intérieur, sans forcément passer des heures à en parler ? Accrochez-vous, ça va secouer (gentiment) vos idées reçues sur la thérapie !
(RITMO créé par Lili Ruggieri)

Le RITMO est une technique proche de l’EMDR chez les psychologue (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) ou de l’EMT : Eye Movement Technique.
Cest une méthode qui utilise la stimulation sensorielle des deux côtés du corps, soit par le mouvement des yeux soit par des stimuli auditifs ou cutanés, pour induire une résolution rapide des symptômes liés à des événements du passé.
J’utilise cette technique ou celle de l’EFT lorsque cela me paraît nécessaire.
Cette méthode est efficace en cas de symptômes post-traumatiques majeurs (accidents, attentats, violences sexuelles, catastrophes naturelles…)
Elle ne s’applique pas qu’aux grands chocs, mais aussi aux plus petits traumatismes, comme les expériences pénibles laissant un souvenir trop empreint de souffrance, les troubles de l’adaptation comme les deuils, divorces, difficultés au travail.
Certains évènements très douloureux laissent un souvenir dans notre cerveau : à chaque évocation de ces évènements, les émotions et sensations ressenties à ce moment du passé sont réactivées. C’est comme si le cerveau n’arrivait pas à classer l’information : la scène traumatique passe et repasse en boucle avec son cortège d’émotions et de sensations.
La technique désamorce, débloque et libère les expériences traumatiques anciennes de leur charge émotionnelle et de leurs distorsions cognitives par un retraitement des informations.
Elle permet à l’individu de dépasser la phase traumatique, d’en modifier sa perception et de puiser de nouvelles ressources dans sa réalité présente.
Ainsi, une personne sévèrement agressée pourra se souvenir de cet évènement passé sans ressentir tout le poids des émotions négatives.

Le RITMO face aux troubles alimentaires : ce qu’il peut (et ne peut pas) faire
Il existe souvent un lien entre des événements difficiles vécus — violence, deuil, rupture, honte profonde — et l’apparition ou l’aggravation de comportements alimentaires problématiques. La nourriture peut alors devenir un moyen d’apaiser une douleur qui n’a pas pu être exprimée autrement.
Dans ce contexte, le RITMO peut aider à réduire la charge émotionnelle associée à ces événements. En travaillant sur les souvenirs douloureux, il contribue à desserrer une pression intérieure ancienne.
Cependant, le RITMO s’adresse principalement à la cause passée. Il ne travaille pas directement sur les habitudes alimentaires présentes, les compulsions, le rapport au corps ou les automatismes qui se sont installés au fil des années.
Les limites du RITMO pour les TCA
Plusieurs personnes qui ont fait du RITMO témoignent d’un allégement émotionnel réel — moins de charge par rapport à certains souvenirs, une sensation d’avoir « posé quelque chose ». C’est précieux. Mais pour les troubles alimentaires, ce travail sur le passé est souvent insuffisant s’il n’est pas accompagné d’un travail sur :
- Les déclencheurs présents des compulsions (stress, solitude, ennui, émotions intenses)
- La relation au corps et à l’image de soi
- Les croyances inconscientes sur la nourriture, le contrôle, la valeur personnelle
- Les automatismes qui se rejouent même quand « on sait » que ce n’est pas bon pour soi
RITMO et hypnose : deux approches complémentaires
L’hypnose ne travaille pas seulement sur le passé. Elle s’adresse directement aux mécanismes inconscients qui maintiennent les comportements alimentaires problématiques aujourd’hui : modifier les déclencheurs inconscients des compulsions, transformer le rapport émotionnel à la nourriture, travailler sur l’image de soi en profondeur, et créer de nouveaux automatismes plus apaisants.
Il n’y a pas de réponse unique. Certaines personnes bénéficient d’abord d’un travail sur des traumatismes spécifiques (via RITMO ou EMDR), puis d’un accompagnement en hypnose pour consolider le changement dans les comportements du quotidien. D’autres trouvent que l’hypnose seule suffit à toucher ces deux dimensions. Ce qui compte, c’est de ne pas rester seul(e) avec des comportements alimentaires qui vous épuisent.
