L’hypnose ne se substitue pas à un suivi médical. Raphaël (l’auteur) n’est pas médecin. Parlez-en à votre médecin traitant au préalable.
⚕️ Avertissement médical important
L’Ozempic, le Wegovy et le Mounjaro sont des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance médicale. Cet article n’est en aucun cas un avis médical.
Il n’est que mon avis non médical d’hypnothérapeute spécialisé dans la gestion des émotions et mécanismes inconscients des troubles alimentaires depuis 10 ans. Vous aurez mon retour d’expérience et aux expériences glanées autour de moi.
Parlez-en à votre médecin traitant avant toute démarche.
En bref
Ozempic, Wegovy, Mounjaro : des milliers de personnes y pensent pour perdre du poids durablement. Ce que les médias ne disent pas : 1 patient sur 6 abandonne à cause des effets secondaires, les 2/3 du poids reviennent dans l’année suivant l’arrêt, et jusqu’à 40 % de la perte peut être du muscle.
Ces médicaments agissent sur la faim — pas sur les raisons pour lesquelles vous mangez de façon compulsive. Ce que le médicament masque, les raisons profondes des problèmes de prise de poids perdurent au fond de nous.
Si votre problème, c’est une relation difficile à la nourriture — les compulsions, le manger émotionnel — l’hypnose s’adresse à ce que ces traitements n’atteignent pas. Sans ordonnance, sans condition d’IMC — et sans traitement à vie.
Dans cet article
Comment fonctionnent ces médicaments ?
L’Ozempic, le Wegovy et le Mounjaro appartiennent à une famille de médicaments appelés agonistes du GLP-1 (glucagon-like peptide-1).
Le GLP-1 est une hormone naturellement produite par l’intestin après un repas. Ces médicaments en imitent l’action sur plusieurs niveaux :
- Au niveau du cerveau : ils agiraient sur les centres de la satiété et de la récompense, réduisant les signaux de faim et pouvant atténuer les compulsions alimentaires.
- Au niveau de l’estomac : ils ralentiraient la vidange gastrique, prolongeant la sensation de satiété après un repas.
- Au niveau du pancréas : ils régulent la sécrétion d’insuline en réponse aux repas — ce qui constitue leur indication première dans le diabète de type 2.
Il existe deux molécules principales : le sémaglutide (Ozempic et Wegovy), qui agit sur le récepteur GLP-1, et le tirzépatide (Mounjaro), qui agit sur deux récepteurs simultanément (GLP-1 et GIP), ce qui pourrait expliquer des effets potentiellement plus marqués sur le poids.
Quels sont les effets secondaires de ces médicaments ?
Comme tout traitement, ces médicaments comportent des effets indésirables documentés. Les plus fréquemment rapportés sont :
- Troubles digestifs massifs : 44 % des patients rapportent des nausées, 30 % des diarrhées, 24 % des vomissements (données essais cliniques Wegovy). Résultat : 1 patient sur 6 arrête le traitement à cause des effets secondaires.
- Fonte musculaire documentée : entre 25 % et 40 % de la perte de poids totale provient de la masse maigre — muscles, os, eau. Sur 15 kg perdus, jusqu’à 6 kg peuvent être du muscle. Sans renforcement musculaire et apport protéique suffisant, l’effet peut fragiliser durablement le corps.
- Fatigue, maux de tête en phase d’adaptation, souvent les premières semaines.
- Reprise de poids quasi certaine à l’arrêt : les études montrent que les 2/3 du poids perdu sont repris dans l’année suivant l’arrêt. La reprise est 4 fois plus rapide qu’après un régime classique. Seuls 10 % des patients maintiennent leur poids à long terme — ce qui en fait un traitement à vie pour la majorité.
- Risques rares mais documentés : pancréatite, effets thyroïdiens — à évaluer avec le médecin selon les antécédents.
Certains de ces effets secondaires — en particulier la résurgence de comportements compulsifs à l’arrêt du traitement, ou la dimension émotionnelle qui reste entière tout au long — peuvent amener certaines personnes à envisager un accompagnement complémentaire en hypnose.
Ce que j’observe en séance
Une de mes clientes me rapportait la violence des symptômes qu’elle vivait depuis le début du traitement. Les nausées, les troubles digestifs — mais aussi quelque chose de plus inattendu : elle avait perdu ses repères. Les effets secondaires l’avaient progressivement éloignée de sa vie sociale. Trop fatiguée, trop incertaine physiquement pour honorer des invitations, pour partager un repas avec ses proches.
Ma lecture de thérapeute : son inconscient pouvait estimer qu’il était de bon ton de se rencentrer sur soi au lieu de s’oublier au profit des autres. Le médicament, en la contraignant à réduire ses sorties et ses repas partagés, avait coupé ces relations — les saines comme les toxiques, sans distinction. Radical comme approche ! Il faut être prêt…
Ce que ça illustre : la prise d’un tel médicament va amener, de gré ou de force, des transformations dans la vie de la personne — sur le corps, sur les habitudes, sur les relations. Que vous choisissiez ce traitement ou non, un accompagnement permet de traverser ces transformations consciemment, plutôt que de les subir.
Avantages et inconvénients de chaque approche
Il n’existe pas de méthode universelle. Ce qui existe, c’est une répartition logique selon les profils.
Les médicaments (Ozempic, Wegovy, Mounjaro)
Leur terrain : les cas les plus lourds — obésité sévère (IMC ≥ 35), situations où la prise en charge émotionnelle seule ne suffirait pas à briser l’inertie physique. Pour ces profils, le médicament peut être une porte d’entrée : stabiliser d’abord physiquement, pour ensuite pouvoir travailler en profondeur.
- ✅ Alternative moins invasive à la chirurgie bariatrique
- ✅ Réduction rapide des compulsions à court terme
- ✅ Perte de 10 à 20 % de la masse corporelle documentée
- ❌ Accès restreint : IMC ≥ 35, moins de 65 ans, non remboursé
- ❌ Entre 200 et 300 €/mois — et l’effet cesse dès l’arrêt
- ❌ Reprise de 30 à 80 % du poids perdu à l’arrêt selon les études
- ❌ Ne traite pas les causes émotionnelles inconscientes
L’hypnose
Son terrain : la grande majorité des personnes souffrant de TCA — celles qui ne remplissent pas les critères médicaux stricts, ou qui veulent s’attaquer à la source plutôt qu’au symptôme. C’est aussi une option pertinente pour les personnes sous traitement médicamenteux qui veulent travailler en parallèle sur les causes profondes.
- ✅ Accessible sans critère d’IMC ni ordonnance
- ✅ Traite les causes émotionnelles inconscientes à la racine
- ✅ Résultats durables une fois le travail accompli — pas de dépendance
- ✅ Résultats comparables sur la perte de poids (programme Hypnose Poids Plume : 10 à 20 % sur un an)
- ❌ Nécessite un engagement personnel dans le processus
- ❌ Moins adapté seul aux cas d’obésité très sévère — peut être complémentaire
Hypnose et médicaments : complémentaires, pas opposés
L’accompagnement en hypnose ne s’oppose pas à ces traitements médicaux. Selon les situations et les profils :
- Il peut être complémentaire : travailler sur les causes émotionnelles inconscientes pendant que le médicament réduit les compulsions peut, pour certains profils, représenter une approche combinée cohérente.
- Il peut être une alternative pour les personnes qui ne répondent pas aux critères de prescription de la HAS, ou qui préfèrent une approche sans médicament.
Ce que ces médicaments ne font pas — quels que soient leurs effets sur la faim ou le poids — c’est traiter les mécanismes émotionnels et inconscients qui sous-tendent les troubles du comportement alimentaire. C’est là qu’entre en jeu le travail en hypnose.
« Au début, avec le Wegovy, c’était magique. Mon gros appétit s’est envolé quasiment du jour au lendemain. Mais… »
Voilà ce que m’a dit une cliente. Il y a eu un silence lourd, que je connais bien. C’est le silence qui suit le soulagement apparent, celui qui révèle une réalité plus complexe.
Au bout du fil, c’est Agathe. Elle se bat contre la boulimie depuis plus de quinze ans. Quinze ans de régimes, de restrictions, de crises, de honte et de culpabilité. Elle a tout essayé. Les nutritionnistes, les psychologues, les groupes de parole. Rien n’a fonctionné sur le long terme. Et puis, il y a trois mois, son médecin lui a parlé du Wegovy (équivalent d’Ozempic).
Une piqure par semaine. La promesse d’une faim réduite, d’une perte de poids et, surtout, d’une accalmie dans les compulsions. Pour Agathe, qui vit au quotidien avec ce trouble alimentaire, c’était un espoir concret. Au cabinet à Paris, j’entends de plus en plus de personnes me raconter ce parcours.

Pourquoi les compulsions persistent-elles ?
Les premières semaines ont été une lune de miel. Le poids sur la balance diminuait, les placards de nourriture n’étaient plus une menace. L’obsession constante pour la nourriture s’estompait. Agathe se sentait enfin « normale ».
Mais le silence dans son estomac a laissé place à un vacarme dans sa tête. Le « mais » qu’elle avait laissé en suspens au téléphone, c’était ça.
« Mais… je ne vis plus non plus. Avant, quand l’angoisse montait, je mangeais. Ça me calmait, même si je le regrettais après. Maintenant, l’angoisse est là, brute, immense. Je n’ai plus ma béquille. Je n’ai plus rien pour l’anesthésier. Je suis sobre de nourriture, mais je suis à vif, en permanence. »
Les mots d’Agathe décrivent un phénomène que l’on observe régulièrement : ces molécules agissent efficacement sur le symptôme le plus visible — la compulsion alimentaire. Mais elles n’adressent pas la cause émotionnelle qui l’a générée. La souffrance, elle, est toujours là, sans exutoire.

Ce que le médicament ne peut pas faire à votre place
Pour l’anecdote, Marilyn Monroe était considérée comme l’une des femmes les plus belles du monde. En réalité, quand on éteignait les lumières du studio de production ? C’était une femme touchée par la dépression qui détestait son propre corps. Le physique idéal ne protège pas de la souffrance intérieure. C’est le travail intérieur qui protège — peu importe le chiffre sur la balance.
Un trouble alimentaire n’est jamais uniquement un problème de nourriture. La boulimie, l’hyperphagie — ce ne sont pas des caprices, ni un manque de volonté. Ce sont des stratégies de survie : des mécanismes que l’inconscient a mis en place pour gérer une souffrance émotionnelle intolérable.
La crise alimentaire n’est pas une ennemie. C’est une messagère. Elle signale qu’une émotion — stress, solitude, colère, anxiété — a dépassé le seuil de tolérance. Manger est alors une tentative de s’apaiser. Un anesthésiant.
Ces médicaments peuvent réduire l’expression de ce symptôme. Mais le mécanisme, lui, reste actif. Ce qu’ils ne traitent pas :
- La faim émotionnelle — le besoin de manger pour gérer le stress ou la solitude reste intact.
- Les automatismes inconscients — les liens entre certaines émotions et le réflexe de manger sont toujours là. À l’arrêt du traitement, ils se réactivent.
- L’image de soi — la peur de grossir, la relation au corps, le manque de confiance en soi ne changent pas avec le chiffre sur la balance.
- Les schémas de fond — les croyances, les loyautés inconscientes, les patterns familiaux qui alimentent le trouble ne sont pas adressés par le médicament.
Ces traitements instaurent un contrôle extérieur sur la faim. La sortie des troubles alimentaires passe par le chemin inverse : non pas plus de contrôle, mais plus de réconciliation — avec ses émotions, avec ses sensations, avec son corps.

Comment l’hypnose travaille sur la cause inconsciente
L’hypnose va là où le médicament ne va pas : directement dans l’inconscient, là où le problème a commencé. En séance, on ne parle pas de nourriture — on parle de ce qui se cache derrière.
Le travail en hypnose consiste à :
- Identifier les déclencheurs émotionnels : quelle est l’émotion exacte qui précède la crise ? La solitude ? La peur de l’échec ? La colère refoulée ?
- Remonter à l’origine : quand cet automatisme s’est-il créé ? Souvent dans l’enfance ou l’adolescence, suite à un événement vécu comme un choc émotionnel.
- Reprogrammer l’automatisme : une fois la source identifiée, on peut « débrancher » le lien entre l’émotion et la nourriture. L’inconscient apprend qu’il existe d’autres manières de s’apaiser et de se réconforter.
- Restaurer la sécurité intérieure : reconstruire une base de sécurité interne, pour ne plus avoir besoin d’une béquille extérieure pour faire face aux émotions difficiles.
Si Wegovy l’a été au début, elle s’aperçoit que ça ne faisait pas tout.
Tout comme une lune de miel, ce traitement médicamenteux qui peut être à prendre à vie, Agathe a choisi de traiter les sujets de fond qui la tracassait afin de s’occuper des problèmes au fond elle grâce à l’hypnose. C’est une démarche qui va bien au-delà de la nourriture, en travaillant sur la manière dont l’inconscient peut se libérer de ces automatismes.

Agathe a réalisé que le soulagement chimique des compulsions ne réglait pas la souffrance émotionnelle sous-jacente. Elle a décidé d’entamer un travail en hypnose en parallèle de son suivi médical — pour adresser ce que le médicament ne pouvait pas atteindre.
La sortie de la boulimie et de l’hyperphagie n’est pas un sprint. Ce n’est pas une solution miracle dans une seringue, ni dans une séance unique. C’est un chemin de conscience, de réparation et de réconciliation. Un chemin qui vous ramène à vous-même, en apprenant à écouter ce que votre corps et vos émotions essaient de vous dire.
Si tu ressens que le vrai problème est toujours là, intact, sous la surface d’un traitement qui calme les symptômes — alors il est peut-être temps d’explorer ce qui se passe à la racine.
📚 Pour aller plus loin
- Ozempic, Wegovy ou Mounjaro vs Hypnose : lequel choisir pour les TCA ?
- Ce gras qui vous protège : quand l’inconscient sabote la perte de poids
- Le cycle restriction-craquage : pourquoi tu reprends toujours du poids
Questions fréquentes
Ozempic et troubles alimentaires : quelles précautions connaître ?
Ces médicaments peuvent réduire les compulsions alimentaires en agissant sur les signaux de faim, mais ils n’adressent pas les causes émotionnelles inconscientes des TCA. En masquant le symptôme sans traiter la cause, ils peuvent entraîner une résurgence des comportements à l’arrêt du traitement. Une conversation avec son médecin traitant et, si besoin, un accompagnement psychologique ou en hypnose en parallèle, sont recommandés.
Hypnose et médicaments contre l’obésité : peut-on combiner les deux ?
Oui, les deux approches ne sont pas incompatibles. Le médicament peut réduire les compulsions à court terme tandis que l’hypnose travaille sur les causes émotionnelles profondes. Pour les personnes qui ne répondent pas aux critères de prescription médicale (HAS), l’hypnose peut également constituer une alternative à part entière. Parlez-en à votre médecin traitant pour définir l’approche la plus adaptée à votre situation.
Est-ce que je peux arrêter mes compulsions alimentaires sans médicament ?
Oui, c’est possible pour de nombreuses personnes. Les compulsions alimentaires sont souvent un signal de l’inconscient en réponse à une émotion difficile. En travaillant avec des thérapies comme l’hypnose, on apprend à comprendre ce signal et à y répondre autrement, sans avoir besoin de le supprimer chimiquement. Chaque situation est différente : votre médecin traitant peut vous aider à évaluer l’approche la plus adaptée.
Comment l’inconscient est-il lié à l’hyperphagie ?
L’inconscient joue un rôle central dans l’hyperphagie. Il a enregistré des associations entre certaines émotions (stress, solitude, etc.) et l’acte de manger comme stratégie pour s’apaiser. L’hypnose permet de dialoguer avec ces automatismes inconscients pour les modifier progressivement et proposer de nouvelles réponses aux émotions difficiles.
