TDAH : 20 signes qui alimentent la boulimie et que personne ne voit

« C’est comme si mon cerveau avait 200 onglets ouverts en permanence, et que le seul moyen de tous les fermer d’un coup, c’était de dévorer violemment. Engloutir jusqu’à l’anesthésie pour avoir un peu de répis et de silence, jusqu’au retour du bruit et de la culpabilité. » – Charlotte 39 ans.

 

Depuis plus de quinze ans, elle se bat contre des crises de boulimie et d’hyperphagie. Elle a tout essayé. Les régimes, les nutritionnistes, les psychologues. Elle a lu des dizaines de livres sur la gestion des émotions et la perte de poids. Mais le cycle infernal revenait toujours : le chaos dans sa tête, l’impulsion irrépressible, la crise, la honte, puis la promesse de tout contrôler. Une promesse brisée le lendemain.

Ce que Charlotte ignorait,  comme des millions de femmes ignorent, c’est que son trouble alimentaire n’était pas la cause de sa souffrance. C’était le symptôme. La conséquence visible d’un fonctionnement neurologique particulier : le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).

Son combat n’était pas contre un manque de volonté. C’était le combat d’un cerveau en quête de stimulation et d’apaisement, qui avait trouvé dans la nourriture le régulateur le plus rapide et le plus accessible.

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de clarifier un point que beaucoup de mes clientes confondent.

On parle de boulimie lorsque les crises de suralimentation (manger une grande quantité de nourriture en peu de temps avec un sentiment de perte de contrôle) sont suivies de comportements compensatoires pour éviter la prise de poids (vomissements, prise de laxatifs, jeûne excessif, sport à outrance).

L’hyperphagie boulimique, quant à elle, se caractérise par ces mêmes crises de suralimentation, mais sans les comportements compensatoires. La souffrance et la prise de poids sont souvent au cœur de ce trouble.

Dans les deux cas, le mécanisme de la crise est souvent le même, surtout lorsqu’un TDAH est en jeu.

Si vous vous sentez coincée dans ce cycle, si vous avez l’impression d’avoir tout essayé en vain, cet article est pour vous.

Voici les 20 signes concrets qui révèlent le lien puissant entre le TDAH et les troubles du comportement alimentaire (TCA).

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Les signes de l’inattention : un chaos mental qui mène au chaos alimentaire

 

L’inattention dans le TDAH n’est pas de la distraction. C’est une incapacité à filtrer les informations, à rester concentré sur une tâche jugée non stimulante. Dans le contexte alimentaire, cela crée un terrain propice aux crises.

 

1. Le repas en pilote automatique

 

Vous finissez votre assiette sans même vous souvenir de l’avoir mangée. Le goût, les textures, le plaisir… tout a disparu. Pendant que vous mangiez, votre esprit était déjà ailleurs, planifiant, s’inquiétant, ressassant. Manger n’est plus une expérience, c’est une action mécanique pour calmer le bruit mental. Le TDAH rend difficile la pleine conscience, car le cerveau cherche constamment d’autres stimulations.

 

2. Le placard qui appelle plus fort que la raison

 

Vous êtes en train de travailler, de lire, ou même de regarder un film, et soudain, une pensée surgit : « Un carré de chocolat. Juste un. » Cette pensée, anodine pour d’autres, devient une obsession. Elle prend toute la place, éclipsant tout le reste. La distraction n’est pas extérieure, elle est intérieure, et la nourriture devient le seul moyen de faire taire cette sirène mentale.

 

3. Oublier de manger… puis tout dévorer

 

La journée a été intense, un projet vous a absorbée. Vous étiez en « hyperfocus », cette capacité du TDAH à se concentrer intensément sur une tâche passionnante. Il est 16h et vous réalisez que vous n’avez rien mangé depuis ce matin. Votre corps crie famine. La crise d’hyperphagie qui s’ensuit n’est pas de la gourmandise, c’est une réponse biologique à une négligence causée par une déconnexion de vos signaux corporels.

 

4. Les « bonnes résolutions » alimentaires oubliées en quelques heures

 

Le matin, vous êtes pleine de détermination : « Aujourd’hui, je mange sainement. » Vous préparez votre salade, vous vous sentez fière. Mais à 11h, un coup de stress, un email contrariant, et la résolution s’envole. L’impulsion prend le dessus. Le TDAH affecte la mémoire de travail, celle qui permet de garder un objectif en tête. Votre intention est sincère, mais le cerveau, en quête de régulation immédiate, la court-circuite.

 

5. L’incapacité à suivre un plan de repas

 

Les nutritionnistes vous ont donné des plans, des listes, des structures. Vous avez essayé. Mais suivre un plan demande une organisation et un effort mental soutenu que le cerveau TDAH trouve épuisant. La charge mentale de devoir planifier, acheter, cuisiner, et respecter des horaires précis est souvent insurmontable. L’échec n’est pas un manque de motivation, mais un décalage entre la méthode proposée et votre fonctionnement neurologique.

 

Les signes de l’hyperactivité : une agitation intérieure qui cherche l’apaisement

 

L’hyperactivité chez la femme adulte TDAH est rarement visible. Elle n’est pas sur une chaise en train de gigoter. Elle est intérieure. C’est un moteur qui tourne à plein régime, une tension constante qui cherche une soupape.

 

6. Le besoin de « remplir » pour calmer le chaos intérieur

 

Vous ressentez une agitation, une anxiété diffuse, un inconfort permanent. C’est comme si vous étiez « montée sur ressorts ». La nourriture, surtout grasse et sucrée, a un effet calmant. Le processus de mastication, le remplissage de l’estomac créent une sensation d’ancrage, de lourdeur, qui contrebalance l’agitation mentale. La crise de boulimie ou d’hyperphagie devient une forme d’auto-médication pour anesthésier cette hyperactivité interne.

 

7. Manger debout, vite, et en cachette

 

Le repas n’est pas un moment de pause. C’est une urgence. Vous mangez debout devant le frigo, en quelques minutes à peine, souvent en cachette pour ne pas être jugée. Ce n’est pas seulement la honte qui motive ce comportement. C’est aussi l’incapacité à se poser. L’acte de s’asseoir et de prendre le temps semble insupportable face à l’urgence intérieure.

 

8. L’obsession de la nourriture : en parler, y penser, tout le temps

 

Votre esprit est un tourbillon de pensées liées à la nourriture : ce que vous avez mangé, ce que vous allez manger, ce que vous ne devriez pas manger. Vous parlez de régimes, de calories, de poids. Cette hyperactivité verbale et mentale autour de l’alimentation est une manifestation directe du TDAH. Le cerveau s’accroche à un sujet qui lui procure des pics de stimulation (plaisir, culpabilité, peur).

 

9. La faim « tout de suite, maintenant »

 

Quand la faim ou l’envie de manger se présente, elle est impérieuse. Il n’y a pas d’espace pour la patience. L’attente est physiquement et mentalement douloureuse. Cette impatience, signe cardinal du TDAH, s’applique à la nourriture comme au reste. La crise n’est pas un choix, elle est vécue comme une nécessité immédiate pour soulager une tension intolérable.

 

10. L’incapacité à se détendre sans un « réconfort » alimentaire

 

Les moments de vide sont une source d’angoisse. Une soirée seule, un moment sans rien à faire… Le cerveau TDAH, sous-stimulé, panique. La nourriture devient alors une activité, une occupation, une compagnie. Elle comble le silence et l’inaction. Vous ne mangez pas parce que vous avez faim, mais parce que vous ne supportez pas de ne rien faire.

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Les signes de l’impulsivité : quand l’envie prend le contrôle du corps

 

L’impulsivité est une difficulté à inhiber une action. C’est le filtre manquant entre la pensée et l’acte. Dans la relation à la nourriture, ses conséquences sont dévastatrices.

 

11. Les achats compulsifs au supermarché

 

Vous étiez partie pour acheter des légumes et du poulet. Vous revenez avec trois paquets de gâteaux, un pot de pâte à tartiner et des chips. Au moment de l’achat, une seule chose compte : l’envie immédiate. Les conséquences (sur le budget, la santé, la culpabilité) sont complètement occultées. Votre caddie est le reflet de votre impulsivité : une réponse immédiate à des stimuli, sans planification.

 

12. La crise de boulimie qui fait dérailler votre vie

 

Vous aviez prévu une soirée entre amis, une séance de sport, un moment avec vos enfants. Mais l’impulsion de la crise a été plus forte. Elle a tout annulé. Le trouble alimentaire n’est plus un simple problème, il devient le patron de votre agenda, dictant ce que vous pouvez faire ou non, vous isolant progressivement.

 

13. L’alternance de régimes extrêmes et de laisser-aller total

 

Votre vie alimentaire est une série de décisions impulsives. Un lundi, vous décidez de commencer un jeûne intermittent drastique. Le mercredi, après une contrariété, vous commandez trois pizzas. Cette pensée en « tout ou rien » est typique. Il n’y a pas de juste milieu, seulement des extrêmes dictés par l’impulsion du moment.

 

14. La rage impuissante contre soi-même après la crise

 

L’impulsivité ne se manifeste pas que dans l’acte de manger. Elle explose aussi dans l’après-crise. La colère que vous ressentez contre vous-même est violente, disproportionnée. « Je me déteste. » Cette réaction émotionnelle intense est aussi une forme d’impulsivité, où le jugement prend le pas sur la compassion.

 

Les signes de la dérégulation émotionnelle : manger ses émotions

 

C’est peut-être le cœur du problème. Le TDAH n’est pas qu’un trouble de l’attention, c’est aussi un trouble de la régulation des émotions. Les émotions sont vécues plus intensément, plus brutalement, et la nourriture devient le régulateur universel.

 

15. Le yoyo émotionnel : du vide à la honte en passant par la crise

 

Vous ressentez un vide, une tristesse, un ennui. La crise de boulimie ou d’hyperphagie arrive pour combler ce vide. Pendant quelques minutes, il y a une sorte d’euphorie, une déconnexion totale. Puis, immédiatement après, la honte, le dégoût et la culpabilité s’abattent sur vous. Vous vivez en quelques heures des montagnes russes émotionnelles que la nourriture déclenche et tente de calmer à la fois.

 

16. La moindre contrariété déclenche l’envie de manger

 

Un regard de travers, un dossier qui n’avance pas, une remarque anodine. Votre tolérance à la frustration est très faible. La plus petite contrariété est vécue comme une agression. La nourriture devient le doudou, la tétine, le pansement immédiat pour calmer la douleur de cette frustration. Vous n’avez pas appris d’autre stratégie.

 

17. Manger pour anesthésier la peur du rejet

 

L’hypersensibilité à la critique ou au rejet est une souffrance immense pour les personnes TDAH. Vous avez tellement peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur, que vous êtes en permanence en état d’alerte. Manger permet de créer une bulle, de s’isoler de ce monde perçu comme jugeant et hostile. C’est une armure de protection.

 

18. L’anxiété et le stress : le carburant principal des crises

 

Pour vous, le stress n’est pas un simple sentiment. C’est un état physique et mental insupportable. Votre cerveau ne sait pas comment le gérer. La nourriture, en activant le circuit de la récompense (libération de dopamine), offre une échappatoire chimique immédiate. La crise n’est plus un choix, c’est une stratégie de survie, la seule que votre inconscient connaisse pour ne pas être submergée par l’anxiété.

Vous trouverez des ressources pour mettre son mental sur off dans cet article.

 

19. Le cercle vicieux de la faible estime de soi

 

« Je suis nulle, donc je mange. »

et « Je mange, donc je suis nulle. » Le TDAH, avec son lot d’échecs (oublis, désorganisation, réactions impulsives), fragilise l’estime de soi depuis l’enfance. Le trouble alimentaire vient confirmer ce sentiment d’être inadéquate et incapable. Vous êtes enfermée dans une prison où les barreaux sont faits de vos propres jugements.

 

20. L’échec répété des approches basées sur la volonté

 

C’est le signe ultime. Vous avez sincèrement tout tenté. Vous avez mobilisé toute votre volonté. Et pourtant, vous échouez encore et encore. Vous finissez par croire que vous êtes le problème. Que vous êtes irrécupérable. La réalité est que les méthodes que vous avez essayées sont inadaptées à votre fonctionnement. Demander à un cerveau TDAH de sortir d’un TCA par la seule volonté et le contrôle, c’est comme demander à quelqu’un qui ne sait pas nager de traverser l’océan en lui disant simplement : « Fais un effort ! ».

 

femme TDAH tableau craie TCA

 

Pourquoi les régimes aggravent la situation et comment l’hypnose change tout

 

Comprendre ce lien entre TDAH et TCA est une révolution. Cela vous déculpabilise. Ce n’est pas vous, le problème. C’est la méthode.

Les régimes et la restriction sont le pire ennemi d’un cerveau TDAH. Pourquoi ?

  1. Ils augmentent la charge mentale : Compter les calories, peser les aliments, suivre des règles strictes… C’est épuisant pour un cerveau qui lutte déjà avec l’organisation.
  2. Ils créent de la frustration : La frustration est le déclencheur numéro un des crises pour un cerveau qui a une faible tolérance à celle-ci.
  3. Ils provoquent l’obsession : Interdire un aliment à un cerveau TDAH, c’est le rendre mille fois plus désirable et en faire le centre de toutes les pensées.

Vous ne pouvez pas résoudre un problème d’impulsivité et de recherche de dopamine par la restriction et le contrôle. C’est voué à l’échec.

C’est ici que l’hypnose offre une voie radicalement différente. L’hypnose ne s’adresse pas à votre volonté, cette partie de vous qui est déjà épuisée. Elle s’adresse à votre inconscient, là où sont ancrés les automatismes, les stratégies de survie (comme manger pour calmer l’anxiété) et les blessures émotionnelles.

Le travail en hypnose permet de :

  • Calmer l’agitation intérieure : En apprenant à votre système nerveux à trouver d’autres moyens de s’apaiser, de descendre en pression sans avoir besoin de la nourriture.
  • Créer un espace entre l’impulsion et l’action : L’hypnose vous aide à ne plus être le jouet de vos pulsions. Elle vous permet d’observer l’envie monter, de la reconnaître pour ce qu’elle est (un besoin de calme, de réconfort, de stimulation) et de choisir une autre réponse.
  • Reprogrammer la gestion des émotions : Vous apprenez, au niveau inconscient, à vivre vos émotions sans les manger. À donner à votre tristesse, votre colère ou votre anxiété ce dont elles ont réellement besoin : de l’écoute, de l’expression, du réconfort non-alimentaire.
  • Réparer l’estime de soi en profondeur : En allant à la rencontre de cette partie de vous qui se sent « nulle » et « incapable », l’hypnose permet de guérir les blessures du passé et de reconstruire une image de soi solide et bienveillante.

 

Se libérer n’est pas une question de contrôle, mais de compréhension

 

Arrêtez de vous battre. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes une femme avec un fonctionnement neurologique spécifique qui a trouvé une stratégie de survie imparfaite mais logique : la nourriture.

Reconnaître ces 20 signes n’est pas une fatalité. C’est une libération. C’est la première étape pour enfin utiliser les bonnes clés pour ouvrir les bonnes portes.

La sortie des troubles alimentaires comme la boulimie ou l’hyperphagie, lorsque l’on a un TDAH, ne passe pas par plus de contrôle, mais par plus de douceur, de compréhension de soi et par des outils qui parlent directement au pilote de vos automatismes : votre inconscient.

Le chemin vers l’apaisement existe. Il n’est pas dans votre assiette, il est au plus profond de vous.

 

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