Qu’est-ce que la boulimie ?
En France, on estime que la boulimie touche environ 200 00 personnes.
La majorité des personnes touchées sont des jeunes de 11 à 20 ans, et pour 83% des cas des femmes (les hommes étant plus touchés par l’alcoolisme).
Regardons cela plus en détail pour pouvoir trouver des explications et des pistes de réflexion pour trouver des solutions définitives.
Le dictionnaire des maladies maladie, le DSM-5, décrit la boulimie comme étant :
- Des épisodes récurrents d’hyperphagie avec perte de contrôle
- Comportements compensatoires (vomissements, sport excessif, jeûne drastique, laxatifs…)
- Fréquence d’au moins 1 fois par semaine pendant 3 mois
- Auto-évaluation influencée par le poids et la forme corporelle
Comprendre la boulimie : bien plus qu’une histoire de nourriture
Le mot « boulimie » est souvent utilisé à tort et à travers par le grand public, parfois pour décrire le fait de manger en excès certains aliments « mal sain ».
Or, il faut bien comprendre que sans phénomène de compensation calorique après un excès alimentaire, ce n’est pas de la boulimie. Cela peut s’appeler : « d’excès alimentaire », « fringale » ou dans le pire des cas Hyperphagie (excès sans compensation calorique) : voir article sur l’Hyperphagie.
Une maladie en 2 temps :
La boulimie est un trouble qui s’articule principalement autour d’un cycle infernal en deux actes : la forte crise alimentaire et la compensation calorique totale.
Comment nous l’avons vu au-dessus, la crise n’est pas juste le fait de simplement « trop manger ». C’est une expérience très violente que l’on s’inflige de façon répétée dans le temps.
Selon les critères médicaux, elle se caractérise par :
- Le déclencheur : La perte de contrôle : C’est le critère le plus important. Vous avez la sensation de ne plus pouvoir vous arrêter, comme si une force extérieure prenait les commandes. « C’est comme si je me déconnectais de moi-même pour faire une crise, je suis en pilote automatique », me décrivent souvent mes clientes en séance d’hypnose.
- Phase 1 : l’ingestion d’une grande quantité de nourriture en peu de temps (généralement moins de deux heures). Elle amène parfois un sentiment de soulagement qui rend addict.
- Phase 2 : La phase de compensation calorique pour éliminer l’excès alimentaire : très rapidement, l’apaisement est suivi dans les secondes ou minutes qui suivent par une intense culpabilité ou sentiment de honte. La personne veut alors éliminer tout excès pour éviter de « devenir énorme » (phobie colossale).
D’où son nom : anorexie boulimie, car la personne souffrant du trouble va alterner entre des périodes :
- D’excès alimentaires pour compenser d’un mal-être (stress, sentiment de vide extrême, ou même sans s’en rendre compte…)
- D’anorexie restrictive : une période de restriction alimentaire volontaire, après s’être purgée violemment (vomissement, excès de sport, laxatif, jeûne extrême…) afin d’éliminer très rapidement toutes calories avalées pour éviter qu’elles ne se transforment en gras.
- Une fréquence définie : Pour que le diagnostic soit posé, ces crises doivent survenir au moins une fois par semaine pendant trois mois.
Les formes d’anorexies boulimies sont très diverses, et malgré mes nombreuses années de suivis de personnes qui ont des troubles alimentaires, je n’ai jamais vu 2 personnes avec exactement le même trouble (nous y reviendrons plus tard).
Phase 1 : La crise de boulimie
Rentrons un peu plus dans les détails.
C’est une phase intense, qui peut se dérouler sur plusieurs heures ou être fractionnée entre la phase 1 : la crise de boulimie et la phase 2 : la crise + purge tout au long de la journée.
Les quantités :
Cela peut aller de : manger plusieurs paquets de gâteaux jusqu’à avaler plusieurs kilos de nourriture : fast-food, nourriture congelée ou d’aliments faiblement caloriques pour se « combler » (galette de riz soufflé, légumes…).
Phase 2 : La compensation pour « annuler » la crise
Pour tenter de calmer l’angoisse et la peur panique d’être « moche » en prenant du poids, la personne met en place des stratégies compensatoires. C’est ici qu’on distingue les différents visages de la boulimie :
- La boulimie de type purgatif : C’est la forme la plus connue. La compensation passe par des vomissements provoqués, mais aussi par l’usage détourné de laxatifs, diurétiques ou lavements.
- La boulimie de type non-purgatif : Moins visible, mais tout aussi destructrice. Ici, la compensation prend d’autres formes :
- L’hyperactivité physique : Des heures de sport à outrance, non par plaisir, mais dans un but punitif.
- Le jeûne ou la restriction drastique : Ne rien manger pendant un ou plusieurs jours après une crise, ce qui ne fait que préparer le terrain pour la prochaine compulsion.
La sévérité du trouble est d’ailleurs évaluée selon la fréquence de ces compensations, allant de légère (1 à 3 épisodes par semaine) à extrême (14 épisodes ou plus par semaine).
Quelles actions d’urgence à mener ?
Le risque de mortalité étant multiplié par 2, comparé à la population générale, la personne atteinte d’anorexie boulimie doit être tout d’abord suivie par son médecin traitant.
Il pourra prescrire des médicaments, analyses sanguines et compléments alimentaires nécessaires.
Pourquoi les personnes éliminent (violemment) les excès alimentaires ?
Parce qu’après la crise, la personne reprend peu à peu conscience de ce qu’elle a fait.
Elle quitte le “tunnel” dans lequel l’état de crise l’y a mis.
S’ensuit alors un immense sentiment de culpabilité, de honte et de dégoût de soi.
De plus, une des plus grandes phobies de la personne qui a des troubles alimentaires c’est de grossir et de devenir « énorme ».
Pour elle, être grosse = être moche, être détestée, moquée. C’est tout l’inverse de la recherche d’amour profond qu’elle recherche et qui lui manque profondément.
La boulimie commence la plupart du temps suite à une restriction drastique liée à un régime, ou jeûne alimentaire drastique afin d’être « plus mince » pour être plus jolie et donc plus aimée (elle confond souvent l’attention et l’amour).
Son estime d’elle-même est dirigée de manière excessive par le chiffre sur la balance et par ce qu’elle voit dans le miroir. C’est cette souffrance qui déclenche cette pulsion de vouloir maigrir vite, pour arrêter de se sentir “lourde” à l’intérieur d’elle-même.
Elle n’est pas forcément grosse sur la balance, mais son cœur est lourd, et elle confond sa quantité de graisse avec les émotions négatives qu’elle aborde tout au long de la journée (les siennes et celles des autres).
Il est crucial de comprendre que ce n’est pas une question de gourmandise ou de manque de volonté, mais une véritable maladie, souvent cachée par un sentiment de honte.
Comment démarrent les crises de boulimie ?
Les crises de boulimie sont souvent déclenchées dans l’adolescence dans un type de terreau :
- Très faible estime de soi
- Détestation de son corps (haine de soi-même projetée sur son corps)
- Volonté de transformer son corps pour arrêter de se haïr au travers d’un amaigrissement (régime drastique) et de sport excessif (stratégie vouée à l’échec).
- Volonté maladive d’être parfaite dans tous les domaines : minces, belles, apprêtées, exceller au boulot ou à l’école, avoir le couple parfait…
- Confusion au sujet de l’amour : cherche à être aimé exclusivement par l’extérieur, au travers d’attention et de compliment, ce qui pousse la violence en vers soi-même encore plus loin.
- Entourage relationnel toxique : parents critiques, indisponibles affectivement, jaloux, absence d’amour inconditionnel, parents dépressifs ou ayant des troubles de l’état limite (borderline) / psychiatriques
Quels sont les profils des personnes sujettes à la boulimie anorexie selon mon expérience ?
Voilà quelques pistes qui peuvent éveiller des soupçons.
- Souffrant au paravant d’anorexie (2/3 des cas)
- Réservée ou faussement extravertie
Son extraversion peut lui coûter très cher en termes d’énergie et elle peut se retrouver à avoir besoin de s’isoler longuement après une trop longue exposition aux gens ou alors se réfugier dans la nourriture. - Personne mal dans sa peau
- Personne très portée sur son apparence
Ex : vérifier ses cheveux, son maquillage ou ses vêtements en permanence dans une glace ou en mode selfie sur son téléphone, pour se rassurer) - Personnes très obéissantes, qui veulent faire plaisir aux autres
- Personnes qui veulent sauver tout le monde et/ou qui se sent responsable du bonheur des autres (hyperempathie).
- La bonne élève : en classe et ailleurs
- Grande maturité relationnelle (en apparence) et une grande immaturité émotionnelle et affective. C’est une petite fille qui donne le change.
- Grande lectrice de livres pour fuir la réalité
- Personnes qui sont mises au régime très jeune ou qui ont une mère qui a toujours été au régime.
- Personnalité excessive, avec une vision très noir ou blanc : adore ou déteste les choses ou les gens
- Possibilité d’hyperactivité (TDAH) ou relevant du spectre autistique (TSA)
(Liste non exhaustive)
Quelles solutions ?
Il faut comprendre que la sortie des troubles liés à l’anorexie boulimie est un chemin long de quelques années.
Il faut avoir quelques grandes idées en tête pour éviter de perdre des années à chercher des solutions veines.
Ces articles et mon suivi (voir lien) vous feront gagner de précieuses années.
Vous n’êtes pas votre trouble alimentaire, vous êtes une personne qui souffre de troubles alimentaires.
Vous « n’êtes » pas boulimique. Vous êtes une femme, une mère, une amie… qui souffrait d’un trouble nommé boulimie. La nuance est capitale.
Il est beaucoup plus facile de se débarrasser de quelque chose que l’on A, plutôt que quelque chose que l’on est.
“Je suis boulimique” est alors un terme à proscrire de votre vocabulaire si vous ne voulez pas devoir travailler contre vous-même (N.B. : Je SUIS vs J’AI)
C’est d’ailleurs la même chose concernant le poids. On ne dit pas “je suis en surpoids”, mais “j’ai du surpoids”.
Des sacs de gras se jettent plus vite que du gras qui forme notre identité non?
La boulimie est un mécanisme inconscient de survie (maladroit)
Au lieu de vouloir concevoir les troubles alimentaires comme la maladie des calories et des excès alimentaires, il est plus facile de le voir comme une réponse de notre inconscient à un sentiment d’insécurité profond.
Le rôle de notre inconscient est de nous protéger. C’est pourquoi il fait ce qu’il peut pour nous protéger, parfois, de choses illusoires.
Ex : La réalité c’est que nous ne sommes pas moins aimés si nous sommes plus grosses.
Ou alors si c’est le cas, c’est que nous sommes aimés par des gens toxiques, superficiels, manipulateurs ou qui ne sont pas dignes d’intérêt, et nous avons le droit de les mettre de côté, voire mieux, de les supprimer de notre vie.
L’amour est quelque chose qui doit être inconditionnel et non pas conditionné. Sinon ça s’appelle de la manipulation.
Nous sommes aimés pour qui nous sommes, intrinsèquement. Nous méritons la vie.
Pas pour ce que nous faisons.
Sinon un nourrisson aurait moins le droit d’être aimé que Beyoncé, ce qui est complètement absurde.
Bref, on développera ça plus en détail dans le programme Hypnose Poids Plume (LIEN)
Les troubles alimentaires sont un symptôme et non la cause de vos problèmes.
« J’ai l’impression d’avoir deux vies. Il y a celle que je montre : la femme compétente, souriante, qui contrôle tout. Et puis il y a l’autre, celle qui se cache le soir pour dévorer le contenu du frigo jusqu’à avoir mal au ventre. Je vis dans la honte permanente et la peur d’être découverte. »
Vous vous oubliez au profit des autres.
Vous ne prenez pas de temps de qualité pour vous. Vous voulez que tout le monde soit heureux. Bref. Vous êtes esclaves du regard des autres. De l’avis des autres et de la vie des autres.
Si vous portez un masque, entouré de gens faux, alors vous ferez des crises.
Si vous n’exprimez jamais les émotions que vous ressentez, de peur de blesser, ou de contrarier les autres, alors le cirque continue et vous ferez des crises.
Les troubles alimentaires expriment un mal-être, des choses qui ne vont vraiment pas dans votre vie.
Les crises alimentaires sont une alerte sérieuse à écouter. Et cela dure souvent depuis l’enfance, même si les crises alimentaires sont arrivées bien plus tard.
Vous méritez un meilleur confort de vie, et il n’y a que vous qui pouvez décider que les choses changent (la fée clochette n’est pas disponible désolé).
Bref, On doit les écouter, les traiter un à un pendant une bonne année pour qu’à la fin, votre débordement émotionnel s’arrête.
(ohhhh oui ! Il y a du boulot !)
Quelqu’un de proche autour de vous souffre de troubles alimentaires, comment lui en parler ?
Les troubles boulimiques sont liés à énormément d’émotions négatives : honte, culpabilité, tristesse, mal être, sentiment de vide, sentiment de haine envers soi-même.
Ils peuvent être liés à des traumatismes de vie : décès de personnes qu’on aime, viol, inceste… (30% des cas facilement)
Mais aussi à surcouche de comportement qui va intoxiquer la vie de la personne au fil des années : être entouré de personnes malsaines, manipulatrices, toxiques, victimaires, se sacrifier pour tout le monde, se sentir responsable du malheur du monde.
On ne dit JAMAIS quoi faire ou quoi dire à la personne.
On garde bien ses propres conseils au fond de sa poche (même les professionnels de l’accompagnement !), la personne qui veut sortir des troubles alimentaires va trouver ses propres solutions tout comme un enfant apprend à marcher par lui-même.
Rappel : Si un oeuf s’ouvre depuis l’intérieur, alors le poussin vivra.
Si l’oeuf s’ouvre depuis l’extérieur, le poussin ne vivra pas.
Les personnes qui ont des troubles alimentaires ont une volonté extraordinaire. Elles sauront mettre en place dans un environnement sain, aimant et soutenant pour sortir des troubles alimentaires.
Vous n’êtes pas responsable de sa sortie des troubles alimentaires, vous êtes la béquille sur qui elle osera parfois demander un peu d’aide.
Vous devez garder en tête l’idée que demander de l’aide est honteux pour une personne qui a des troubles alimentaires.
Lui proposer de l’aide, c’est activer son fort sentiment d’impuissance, de honte, d’être en trop, d’être un fardeau et éventuellement son illégitimité à exister.
Il peut leur arriver de demander de l’aide inconsciemment, ou indirectement. Aidez l’air de rien, sans trop le montrer ou en parler. La pudeur est de mise.
La présence habitée en silence est bien plus efficace que n’importe quelle question.
Nous devons avoir un temps illimité pour la personne et ne rien lui demander en retour : pas de résultat, pas de progrès, pas de prise de poids ou autre… RIEN.
Gardez bien en tête que ce qu’elle donne au monde, c’est ce qu’elle souhaite au plus profond d’elle-même recevoir en secret.
Elle porte un masque, et ne l’enlèvera jamais sauf si elle se sent en extrême sécurité.
(Tout comme un chat ou un cheval vous montrera son ventre uniquement s’il est en extrême sécurité)
Le temps et la présence, feront beaucoup plus que n’importe quel mot maladroit.
Les phrases à éviter :
Je t’ai acheté ton gâteau préféré.
Tu as pris du poids ça te va bien.
Tu es belle comme tu es, tu n’as pas besoin de maigrir.
Ca nous ferait plaisir que tu manges avec nous (elle va se sentir obligée de manger en face de vous, pour finalement se faire vomir ensuite).
On ne parle jamais de nourriture (ce sont des expertes, elles se renseignent toute la journée sur le sujet).
Ce qu’elle pense d’elle-même :
- je suis grosse
- je suis nulle
- je ne vaux rien
- je suis moche
- je ne sers à rien
- je n’arrive à rien
Quelle stratégie pour sortir de la boulimie ?
Vous l’aurez compris, en plus de l’approche médicale, il va falloir compléter avec un suivi plus rapproché au sujet des troubles alimentaires.
Sans un suivi hebdomadaire centré sur les ressentis et émotions de la personne qui a des troubles alimentaires, on risquerait de rester à la surface du problème.
Les thérapies uniquement basées sur la parole ou centrée sur l’alimentation ne vont qu’agir en superficie d’un problème qui est plus profond qu’un mal-être.
C’est tout une structure de vie : l’environnement, la famille, les amis, le petit copain/conjoint tout ensemble qui peuvent aider ou bloquer la rémission totale de la maladie.
Il va falloir revoir toute vision de la vie : hyper empathie, syndrome du sauveur, problème de confiance en soi et d’affirmation de soi, manque d’amour de soi, croyance qu’on ne mérite pas d’être heureux ou mince.
Bref, c’est tout un écho système global qui est à retravailler de façon dense et profonde (D’expérience il faut 1h à 2h par semaine minimum pendant 1 an).
Il va donc falloir du temps, de la volonté et de l’expertise pour pouvoir sortir définitivement des troubles alimentaires.
Si vous avez des questions, vous pouvez prendre rdv ici :