« Je pense toujours au pire » : le poids de l’anxiété
Le poids de l’anxiété : quand le mental fait grossir le corps
« Je me prépare toujours au pire. Comme ça, je ne suis jamais déçue… »
C’est ce que me disait Amélie, le regard perdu dans le vide, alors qu’elle me parlait de sa prise de poids inexpliquée. Elle avait tout essayé, les régimes les plus stricts, le sport à outrance, sans succès. Son corps, disait-elle, était en guerre contre elle. Mais en l’écoutant, je savais que le vrai combat se passait ailleurs. Il se jouait dans sa tête.
Mon cerveau anticipe le pire
Amélie avait l’impression de passer sa vie à se faire des films. Pour un simple appel manqué, elle imaginait une catastrophe. Pour un projet professionnel, elle visualisait un échec cuisant. 95 % des scénarios qu’elle imaginait ne se produisaient jamais, mais pour son système nerveux, ils étaient aussi réels que la crise de boulimie qui suivait.
Depuis des mois, son anxiété a pris le contrôle, et son corps en paie le prix. Le grignotage est devenu son refuge, les crises de boulimie ses seules accalmies. Elle est épuisée de vivre dans un futur qui n’existe pas, mais qui pèse si lourd sur sa balance et sur son âme.
Chaque scénario catastrophe, chaque peur anticipée, créait un stress immense. Son cerveau, qui ne fait pas de distinction entre ce qui est réel et ce qui est imaginé, se sentait en danger constant. Et face à un danger, notre inconscient a une seule mission : nous protéger.
Notre cerveau, ce scénariste de films catastrophe
Vous reconnaissez-vous dans ce schéma ? Cette tendance à imaginer le pire, encore et encore ? 95% de nos peurs ne se réaliseront jamais. Pourtant, notre cerveau, lui, ne fait pas la différence. Pour lui, penser au pire, c’est déjà le vivre. Et sa réaction est primitive, presque animale : il doit vous protéger.
C’est là que le piège du poid se referme. Face à cette avalanche de scénarios négatifs, votre inconscient se met en mode survie. Il interprète ce stress constant comme une menace réelle, imminente. Et pour se protéger d’une catastrophe annoncée – une famine, une agression, un abandon – il a deux stratégies principales :
- Faire des réserves : En cas de danger, le corps stocke de l’énergie. Il vous pousse à manger plus, à vous tourner vers des aliments denses, sucrés, gras. C’est le mécanisme derrière l’hyperphagie, cette sensation de ne plus pouvoir s’arrêter, comme pour se préparer à une longue période de privation.
- Créer une armure : Le gras peut aussi devenir une protection symbolique. Une carapace pour vous isoler du monde extérieur, pour vous rendre moins « visible », moins désirable, et donc moins vulnérable. C’est une tentative désespérée de mettre de la distance entre vous et la souffrance.
L’inconscient et le poids des traumatismes passés
Ce mécanisme de protection est encore plus puissant si vous avez vécu des traumatismes. Une agression, un harcèlement, une trahison… Si ces blessures n’ont pas été soignées, votre cerveau reste en état d’alerte permanent. Il est convaincu que le passé va se répéter.
Chaque pic d’anxiété est un signal qui lui crie : « Attention, le danger revient ! ». Et la réponse est la même : il faut se protéger. Le corps devient un bouclier. Grossir n’est plus un accident, mais une stratégie de survie inconsciente.
Vous ne manquez pas de volonté, vous êtes simplement bloquée dans une logique de protection qui ne fait qu’aggraver votre mal-être. Les régimes, dans ce contexte, sont vus par votre inconscient comme une agression supplémentaire, une tentative de lui enlever ses défenses. C’est pour ça qu’ils échouent et renforcent les crises de boulimie et d’hyperphagie.
Le corps comme bouclier
Il peut aussi créer une sorte d’armure de graisse, un bouclier pour se protéger des agressions extérieures, réelles ou imaginées.
C’est ce que l’on observe souvent chez les personnes qui ont vécu des traumatismes : le corps se blinde pour ne plus jamais se sentir vulnérable.
Pour Amélie, son corps était un bouclier. Une protection contre les peurs qui hantaient ses journées et ses nuits.
Son hyperphagie n’était pas un manque de volonté, c’était un moyen désespéré de son inconscient pour se rassurer, pour se sentir en sécurité.
L’hypnose pour apaiser l’anxiété et sécuriser l’inconscient
Alors, comment sortir de ce cercle vicieux où la peur nourrit la prise de poids, qui nourrit à son tour la honte et l’anxiété ? La solution n’est pas dans le contrôle de votre assiette, mais dans l’apaisement de votre esprit.
C’est tout le travail que nous faisons en hypnose. Il ne s’agit pas de vous dire d’arrêter de manger, mais de vous aider à désactiver ce système d’alarme intérieur. Grâce à l’hypnose, vous apprenez à :
- Calmer le flux des pensées anxieuses : Mettre le mental sur pause, pour ne plus être l’esclave de ces scénarios catastrophes.
- Créer un espace de sécurité à l’intérieur de vous : Grâce à votre imaginaire, vous construisez un refuge intérieur, un lieu où votre inconscient comprend enfin qu’il est en sécurité, ici et maintenant. Il n’a plus besoin de bâtir des murailles de graisse pour vous protéger.
En travaillant directement avec votre inconscient, l’hypnose permet de lui envoyer un message clair : le danger est passé. Vous pouvez enfin déposer les armes, et le poids qui va avec. Ce n’est qu’en vous sentant en sécurité à l’intérieur que votre corps pourra relâcher ses défenses à l’extérieur.
Se libérer des troubles alimentaires comme la boulimie ou l’hyperphagie, ce n’est pas une bataille contre soi-même, mais une réconciliation. C’est apprendre à se sentir enfin chez soi dans son propre corps, en paix avec son histoire.
Le chemin vers la guérison des troubles alimentaires est pavé de ces prises de conscience. Ce n’est pas le corps qu’il faut changer, c’est l’esprit qu’il faut apaiser. C’est en faisant la paix avec ses peurs que l’on fait la paix avec son assiette. Et (presque) comme par magie, ça se voit alors sur balance !